| II. Capítulo XX. Donde se cuentan las bodas de Camacho el rico, con el suceso de Basilio el pobre. | Chapitre XX Où l’on raconte les noces de Camache le Riche, avec l’aventure de Basile le Pauvre |
| Apenas la blanca aurora había dado lugar a que el luciente Febo, con el ardor de sus calientes rayos, las líquidas perlas de sus cabellos de oro enjugase, cuando don Quijote, sacudiendo la pereza de sus miembros, se puso en pie y llamó a su escudero Sancho, que aún todavía roncaba; lo cual visto por don Quijote, antes que le despertase, le dijo. | À peine la blanche aurore avait-elle fait place au brillant Phébus, pour qu’il séchât par de brûlants rayons les perles liquides de ses cheveux d’or, que don Quichotte, secouant la paresse de ses membres, se mit sur pied, et appela son écuyer Sancho, qui ronflait encore. En le voyant ainsi, les yeux fermés et la bouche ouverte, don Quichotte lui dit, avant de l’éveiller : |
| -¡Oh tú, bienaventurado sobre cuantos viven sobre la haz de la tierra, pues sin tener invidia ni ser invidiado, duermes con sosegado espíritu, ni te persiguen encantadores, ni sobresaltan encantamentos! Duerme, digo otra vez, y lo diré otras ciento, sin que te tengan en contina vigilia celos de tu dama, ni te desvelen pensamientos de pagar deudas que debas, ni de lo que has de hacer para comer otro día tú y tu pequeña y angustiada familia. Ni la ambición te inquieta, ni la pompa vana del mundo te fatiga, pues los límites de tus deseos no se estienden a más que a pensar tu jumento; que el de tu persona sobre mis hombros le tienes puesto contrapeso y carga que puso la naturaleza y la costumbre a los señores. Duerme el criado, y está velando el señor, pensando cómo le ha de sustentar, mejorar y hacer mercedes. La congoja de ver que el cielo se hace de bronce sin acudir a la tierra con el conveniente rocío no aflige al criado, sino al señor, que ha de sustentar en la esterilidad y hambre al que le sirvió en la fertilidad y abundancia. | « Ô toi, bienheureux entre tous ceux qui vivent sur la face de la terre, puisque, sans porter envie et sans être envié, tu dors dans le repos de ton esprit, aussi peu persécuté des enchanteurs que troublé des enchantements ! Dors, répété-je et répéterai-je cent autres fois, toi qui n’as point à souffrir de l’insomnie continuelle d’une flamme jalouse, toi que n’éveille point le souci de payer des dettes qui sont échues, ni celui de fournir à la subsistance du lendemain pour toi et ta pauvre petite famille. Ni l’ambition ne t’agite, ni la vaine pompe du monde ne te tourmente, puisque les limites de tes désirs ne s’étendent pas au delà du soin de ton âne, car celui de ta personne est remis à ma charge comme un juste contrepoids qu’imposent aux seigneurs la nature et l’usage. Le valet dort, et le maître veille, pensant de quelle manière il pourra le nourrir, améliorer son sort et lui faire merci. Le chagrin de voir un ciel de bronze refuser à la terre la vivifiante rosée n’afflige point le serviteur, mais le maître, qui doit alimenter, dans la stérilité et la famine, celui qui l’a servi dans l’abondance et la fertilité. » |
| A todo esto no respondió Sancho, porque dormía, ni despertara tan presto si don Quijote con el cuento de la lanza no le hiciere volver en sí. Despertó, en fin, soñoliento y perezoso, y, volviendo el rostro a todas partes, dijo. | À tout cela, Sancho ne répondait mot, car il dormait, et certes il ne se serait pas éveillé de sitôt, si don Quichotte, avec le bout de sa lance, ne l’eût fait revenir à lui. Il s’éveilla enfin, en se frottant les yeux, en étendant les bras ; puis, tournant le visage à droite et à gauche : |
| -De la parte desta enramada, si no me engaño, sale un tufo y olor harto más de torreznos asados que de juncos y tomillos bodas que por tales olores comienzan, para mi santiguada que deben de ser abundantes y generosas. | « Du côté de cette ramée, dit-il, vient, si je ne me trompe, un fumet et une odeur bien plutôt de tranches de jambon frites que de thym et de serpolet. Sur mon âme, noces qui s’annoncent par de telles odeurs promettent d’être abondantes et généreuses. |
| -Acaba, glotón -dijo don Quijote-; ven, iremos a ver estos desposorios, por ver lo que hace el desdeñado Basilio. | – Tais-toi, glouton, dit don Quichotte, et lève-toi vite ; nous irons assister à ce mariage, pour voir ce que fera le dédaigné Basile. |
| -Mas que haga lo que quisiere -respondió Sancho- no fuera él pobre y casárase con Quiteria. ¿No hay más sino tener un cuarto y querer alzarse por las nubes? A la fe, señor, yo soy de parecer que el pobre debe de contentarse con lo que hallare, y no pedir cotufas en el golfo. Yo apostaré un brazo que puede Camacho envolver en reales a Basilio; y si esto es así, como debe de ser, bien boba fuera Quiteria en desechar las galas y las joyas que le debe de haber dado, y le puede dar Camacho, por escoger el tirar de la barra y el jugar de la negra de Basilio. Sobre un buen tiro de barra o sobre una gentil treta de espada no dan un cuartillo de vino en la taberna. Habilidades y gracias que no son vendibles, mas que las tenga el conde Dirlos; pero, cuando las tales gracias caen sobre quien tiene buen dinero, tal sea mi vida como ellas parecen. Sobre un buen cimiento se puede levantar un buen edificio, y el mejor cimiento y zanja del mundo es el dinero. | – Ma foi, répondit Sancho, qu’il fasse ce qu’il voudra. Pourquoi est-il pauvre ? il aurait épousé Quitéria. Mais, quand on n’a pas un sou vaillant, faut-il vouloir se marier dans les nuages ? En vérité, seigneur, moi je suis d’avis que le pauvre doit se contenter de ce qu’il trouve, et non chercher des perles dans les vignes. Je gagerais un bras que Camache peut enfermer Basile dans un sac d’écus. S’il en est ainsi, Quitéria serait bien sotte de repousser les parures et les joyaux que lui a donnés Camache et qu’il peut lui donner encore, pour choisir le talent de Basile à jeter la barre et à jouer du fleuret. Sur le plus beau jet de barre et la meilleure botte d’escrime, on ne donne pas un verre de vin à la taverne. Des talents et des grâces qui ne rapportent rien, en ait qui voudra. Mais quand ces talents et ces grâces tombent sur quelqu’un qui a la bourse pleine, ah ! je voudrais pour lors avoir aussi bonne vie qu’ils ont bonne façon. C’est sur un bon fondement qu’on peut élever un bon édifice, et le meilleur fondement du monde, c’est l’argent. |
| -Por quien Dios es, Sancho -dijo a esta sazón don Quijote-, que concluyas con tu arenga; que tengo para mí que si te dejasen seguir en las que a cada paso comienzas, no te quedaría tiempo para comer ni para dormir, que todo le gastarías en hablar. | – Par le saint nom de Dieu ! s’écria don Quichotte, finis ta harangue, Sancho ; je suis convaincu que, si on te laissait continuer celles que tu commences à chaque pas, il ne te resterait pas assez de temps pour manger ni pour dormir, et que tu ne l’emploierais qu’à parler. |
| -Si vuestra merced tuviera buena memoria -replicó Sancho-, debiérase acordar de los capítulos de nuestro concierto antes que esta última vez saliésemos de casa uno dellos fue que me había de dejar hablar todo aquello que quisiese, con que no fuese contra el prójimo ni contra la autoridad de vuesa merced; y hasta agora me parece que no he contravenido contra el tal capítulo. | – Si Votre Grâce avait bonne mémoire, répliqua Sancho, vous vous rappelleriez les clauses de notre traité avant que nous prissions, cette dernière fois, la clef des champs. L’une d’elles fut que vous me laisseriez parler tant que j’en aurais envie, pourvu que ce ne fût ni contre le prochain ni contre votre autorité ; et jusqu’à présent, il me semble que je n’ai pas contrevenu aux défenses de cette clause. |
| -Yo no me acuerdo, Sancho -respondió don Quijote-, del tal capítulo; y, puesto que sea así, quiero que calles y vengas, que ya los instrumentos que anoche oímos vuelven a alegrar los valles, y sin duda los desposorios se celebrarán en el frescor de la mañana, y no en el calor de la tarde. | – Je ne me rappelle pas cette clause le moins du monde, Sancho, répondit don Quichotte ; mais, quand même il en serait ainsi, je veux que tu te taises et que tu me suives ; car voilà les instruments que nous entendions hier soir qui recommencent à réjouir les vallons, et sans doute que le mariage se célébrera pendant la fraîcheur de la matinée plutôt que pendant la chaleur du tantôt. » |
| Hizo Sancho lo que su señor le mandaba, y, poniendo la silla a Rocinante y la albarda al rucio, subieron los dos, y paso ante paso se fueron entrando por la enramada. | Sancho obéit à son maître, et, quand il eut mis la selle à Rossinante et le bât au grison, ils enfourchèrent tous deux leurs bêtes, et entrèrent pas à pas sous la ramée. |
| Lo primero que se le ofreció a la vista de Sancho fue, espetado en un asador de un olmo entero, un entero novillo; y en el fuego donde se había de asar ardía un mediano monte de leña, y seis ollas que alrededor de la hoguera estaban no se habían hecho en la común turquesa de las demás ollas, porque eran seis medias tinajas, que cada una cabía un rastro de carne así embebían y encerraban en sí carneros enteros, sin echarse de ver, como si fueran palominos; las liebres ya sin pellejo y las gallinas sin pluma que estaban colgadas por los árboles para sepultarlas en las ollas no tenían número; los pájaros y caza de diversos géneros eran infinitos, colgados de los árboles para que el aire los enfriase. | La première chose qui s’offrit aux regards de Sancho, ce fut un bœuf tout entier embroché dans un tronc d’ormeau ; et, dans le foyer où l’on allait le faire rôtir, brûlait une petite montagne de bois. Six marmites étaient rangées autour de ce bûcher ; et certes, elles n’avaient point été faites dans le monde ordinaire des marmites, car c’étaient six larges cruches à vin[132], qui contenaient chacune un abattoir de viande. Elles cachaient dans leurs flancs des moutons entiers, qui n’y paraissaient pas plus que si c’eût été des pigeonneaux. Les lièvres dépouillés de leurs peaux et les poules toutes plumées, qui pendaient aux arbres pour être bientôt ensevelis dans les marmites, étaient innombrables, ainsi que les oiseaux et le gibier de diverses espèces pendus également aux branches, pour que l’air les entretînt frais. |
| Contó Sancho más de sesenta zaques de más de a dos arrobas cada uno, y todos llenos, según después pareció, de generosos vinos; así había rimeros de pan blanquísimo, como los suele haber de montones de trigo en las eras; los quesos, puestos como ladrillos enrejados, formaban una muralla, y dos calderas de aceite, mayores que las de un tinte, servían de freír cosas de masa, que con dos valientes palas las sacaban fritas y las zabullían en otra caldera de preparada miel que allí junto estaba. | Sancho compta plus de soixante grandes outres d’au moins cinquante pintes chacune, toutes remplies, ainsi qu’on le vit ensuite, de vins généreux. Il y avait des monceaux de pains blancs, comme on voit des tas de blé dans les granges. Les fromages, amoncelés comme des briques sur champ, formaient des murailles, et deux chaudrons d’huile, plus grands que ceux d’un teinturier, servaient à frire les objets de pâtisserie, qu’on en retirait avec deux fortes pelles, et qu’on plongeait dans un autre chaudron de miel qui se trouvait à côté. |
| Los cocineros y cocineras pasaban de cincuenta todos limpios, todos diligentes y todos contentos. En el dilatado vientre del novillo estaban doce tiernos y pequeños lechones, que, cosidos por encima, servían de darle sabor y enternecerle. Las especias de diversas suertes no parecía haberlas comprado por libras, sino por arrobas, y todas estaban de manifiesto en una grande arca. Finalmente, el aparato de la boda era rústico, pero tan abundante que podía sustentar a un ejército. | Les cuisiniers et les cuisinières étaient au nombre de plus de cinquante, tous propres, tous diligents et satisfaits. Dans le large ventre du bœuf étaient cousus douze petits cochons de lait, qui devaient l’attendrir et lui donner du goût. Quant aux épices de toutes sortes, on ne semblait pas les avoir achetées par livres, mais par quintaux, et elles étaient étalées dans un grand coffre ouvert. Finalement les apprêts de la noce étaient rustiques, mais assez abondants pour nourrir une armée. |
| Todo lo miraba Sancho Panza, y todo lo contemplaba, y de todo se aficionaba primero le cautivaron y rindieron el deseo las ollas, de quién él tomara de bonísima gana un mediano puchero; luego le aficionaron la voluntad los zaques; y, últimamente, las frutas de sartén, si es que se podían llamar sartenes las tan orondas calderas; y así, sin poderlo sufrir ni ser en su mano hacer otra cosa, se llegó a uno de los solícitos cocineros, y, con corteses y hambrientas razones, le rogó le dejase mojar un mendrugo de pan en una de aquellas ollas. A lo que el cocinero respondió. | Sancho Panza regardait avec de grands yeux toutes ces merveilles, et les contemplait, et s’en trouvait ravi. La première chose qui le captiva, ce furent les marmites, dont il aurait bien volontiers pris un petit pot-au-feu ; ensuite les outres lui touchèrent le cœur, puis enfin les gâteaux de fruits cuits à la poêle, si toutefois on peut appeler poêles d’aussi vastes chaudrons. Enfin, n’y pouvant plus tenir, il s’approcha de l’un des diligents cuisiniers, et, avec toute la politesse d’un estomac affamé, il le pria de lui laisser tremper une croûte de pain dans une de ces marmites. |
| -Hermano, este día no es de aquellos sobre quien tiene juridición la hambre, merced al rico Camacho. Apeaos y mirad si hay por ahí un cucharón, y espumad una gallina o dos, y buen provecho os hagan. | – Frère, répondit le cuisinier, ce jour n’est pas de ceux sur qui la faim ait prise, grâce au riche Camache. Mettez pied à terre, et regardez s’il n’y a point par là quelque cuiller à pot ; vous écumerez une poule ou deux, et grand bien vous fasse. |
| -No veo ninguno -respondió Sancho. | – Je ne vois aucune cuiller, répliqua Sancho. |
| -Esperad -dijo el cocinero-. ¡Pecador de mí, y qué melindroso y para poco debéis de ser! | – Attendez un peu, reprit le cuisinier. Sainte Vierge ! que vous faites l’innocent, et que vous êtes embarrassé pour peu de chose ! » |
| Y, diciendo esto, asió de un caldero, y, encajándole en una de las medias tinajas, sacó en él tres gallinas y dos gansos, y dijo a Sancho | En disant cela, il prit une casserole, la plongea dans une des cruches qui servaient de marmites, et en tira d’un seul coup trois poules et deux oies. |
| -Comed, amigo, y desayunaos con esta espuma, en tanto que se llega la hora del yantar. | « Tenez, ami, dit-il à Sancho, déjeunez avec cette écume, en attendant que vienne l’heure du dîner. |
| -No tengo en qué echarla -respondió Sancho. | – Mais je n’ai rien pour la mettre, répondit Sancho. |
| -Pues llevaos -dijo el cocinero- la cuchara y todo, que la riqueza y el contento de Camacho todo lo suple. | – Eh bien ! reprit le cuisinier, emportez la casserole et tout ; rien ne coûte à la richesse et à la joie de Camache. » |
| En tanto, pues, que esto pasaba Sancho, estaba don Quijote mirando cómo, por una parte de la enramada, entraban hasta doce labradores sobre doce hermosísimas yeguas, con ricos y vistosos jaeces de campo y con muchos cascabeles en los petrales, y todos vestidos de regocijo y fiestas; los cuales, en concertado tropel, corrieron no una, sino muchas carreras por el prado, con regocijada algazara y grita, diciendo. | Pendant que Sancho faisait ainsi ses petites affaires, don Quichotte regardait entrer, par un des côtés de la ramée, une douzaine de laboureurs, montés sur douze belles juments couvertes de riches harnais de campagne et portant une foule de grelots sur la courroie du poitrail. Ils étaient vêtus d’habits de fête, et ils firent en bon ordre plusieurs évolutions d’un bout à l’autre de la prairie, jetant tous ensemble ces cris joyeux : |
| -¡Vivan Camacho y Quiteria él tan rico como ella hermosa, y ella la más hermosa del mundo. | « Vive Camache et Quitéria, lui aussi riche qu’elle est belle, et elle, la plus belle du monde ! » |
| Oyendo lo cual don Quijote, dijo entre sí. | Quand don Quichotte entendit cela : |
| -Bien parece que éstos no han visto a mi Dulcinea del Toboso, que si la hubieran visto, ellos se fueran a la mano en las alabanzas desta su Quiteria. | « On voit bien, se dit-il tout bas, que ces gens n’ont pas vu ma Dulcinée du Toboso ; s’ils l’eussent vue, ils retiendraient un peu la bride aux louanges de cette Quitéria. » |
| De allí a poco comenzaron a entrar por diversas partes de la enramada muchas y diferentes danzas, entre las cuales venía una de espadas, de hasta veinte y cuatro zagales de gallardo parecer y brío, todos vestidos de delgado y blanquísimo lienzo, con sus paños de tocar, labrados de varias colores de fina seda; y al que los guiaba, que era un ligero mancebo, preguntó uno de los de las yeguas si se había herido alguno de los danzantes. | Un moment après, ont vit entrer en divers endroits de la ramée plusieurs chœurs de danse de différentes espèces, entre autres une troupe de danseurs à l’épée, composée de vingt-quatre jeunes gens de bonne mine, tous vêtus de fine toile blanche, et portant sur la tête des mouchoirs en soie de diverses couleurs. Ils étaient conduits par un jeune homme agile, auquel l’un des laboureurs de la troupe des juments demanda si quelques-uns des danseurs s’étaient blessés. |
| -Por ahora, bendito sea Dios, no se ha herido nadie todos vamos sanos. | « Aucun jusqu’à présent, béni soit Dieu ! répondit le chef. Nous sommes tous bien portants. » |
| Y luego comenzó a enredarse con los demás compañeros, con tantas vueltas y con tanta destreza que, aunque don Quijote estaba hecho a ver semejantes danzas, ninguna le había parecido tan bien como aquélla. | Aussitôt il commença à former une mêlée avec ses compagnons, faisant tant d’évolutions et avec tant d’adresse, que don Quichotte, tout habitué qu’il était à ces sortes de danses, avoua qu’il n’en avait jamais vu de mieux exécutée que celle-là. |
| También le pareció bien otra que entró de doncellas hermosísimas, tan mozas que, al parecer, ninguna bajaba de catorce ni llegaba a diez y ocho años, vestidas todas de palmilla verde, los cabellos parte tranzados y parte sueltos, pero todos tan rubios, que con los del sol podían tener competencia, sobre los cuales traían guirnaldas de jazmines, rosas, amaranto y madreselva compuestas. Guiábalas un venerable viejo y una anciana matrona, pero más ligeros y sueltos que sus años prometían. Hacíales el son una gaita zamorana, y ellas, llevando en los rostros y en los ojos a la honestidad y en los pies a la ligereza, se mostraban las mejores bailadoras del mundo. | Il ne fut pas moins ravi d’un autre chœur de danse qui entra bientôt après. C’était une troupe de jeunes filles choisies pour leur beauté, si bien du même âge qu’aucune ne semblait avoir moins de quatorze ans, ni aucune plus de dix-huit. Elles étaient toutes vêtues de léger drap vert, avec les cheveux moitié tressés, moitié flottants, mais si blonds tous qu’ils auraient pu le disputer à ceux du soleil ; et sur la chevelure elles portaient des guirlandes formées de jasmins, de roses, d’amarantes et de fleurs de chèvrefeuille. Cette troupe était conduite par un vénérable vieillard et une imposante matrone, mais plus légers et plus ingambes que ne l’annonçait leur grand âge. C’était le son d’une cornemuse de Zamora qui leur donnait la mesure, et ces jeunes vierges, portant la décence sur le visage et l’agilité dans les pieds, se montraient les meilleures danseuses du monde. |
| Tras ésta entró otra danza de artificio y de las que llaman habladas. Era de ocho ninfas, repartidas en dos hileras de la una hilera era guía el dios Cupido, y de la otra, el Interés; aquél, adornado de alas, arco, aljaba y saetas; éste, vestido de ricas y diversas colores de oro y seda. Las ninfas que al Amor seguían traían a las espaldas, en pargamino blanco y letras grandes, escritos sus nombres poesía era el título de la primera, el de la segunda discreción, el de la tercera buen linaje, el de la cuarta valentía; del modo mesmo venían señaladas las que al Interés seguían decía liberalidad el título de la primera, dádiva el de la segunda, tesoro el de la tercera y el de la cuarta posesión pacífica. Delante de todos venía un castillo de madera, a quien tiraban cuatro salvajes, todos vestidos de yedra y de cáñamo teñido de verde, tan al natural, que por poco espantaran a Sancho. En la frontera del castillo y en todas cuatro partes de sus cuadros traía escrito castillo del buen recato. Hacíanles el son cuatro diestros tañedores de tamboril y flauta. | Après elles, parut une danse composée, et de celles qu’on appelle parlantes.[133] C’était une troupe de huit nymphes réparties en deux files. L’une de ces files était conduite par le dieu Cupidon, l’autre par l’Intérêt ; celui-là paré de ses ailes, de son arc et de son carquois ; celui-ci vêtu de riches étoffes d’or et de soie. Les nymphes qui suivaient l’Amour portaient derrière les épaules leurs noms en grandes lettres sur du parchemin blanc. Poésie était le titre de la première ; celui de la seconde, Discrétion ; celui de la troisième, Belle famille, et celui de la quatrième, Vaillance. Les nymphes que guidait l’Intérêt se trouvaient désignées de la même façon. Libéralité était le titre de la première ; Largesse, celui de la seconde ; Trésor, celui de la troisième, et celui de la quatrième, Possession pacifique. Devant la troupe marchait un château de bois traîné par quatre sauvages, tous vêtus de feuilles de lierre et de filasse peinte en vert, accoutrés si au naturel que peu s’en fallut qu’ils ne fissent peur à Sancho. Sur la façade du château et sur ses quatre côtés était écrit : Château de sage prudence. Ils avaient pour musiciens quatre habiles joueurs de flûte et de tambourin. |
| Comenzaba la danza Cupido, y, habiendo hecho dos mudanzas, alzaba los ojos y flechaba el arco contra una doncella que se ponía entre las almenas del castillo, a la cual desta suerte dijo | Cupidon commença la danse. Après avoir fait deux figures, il leva les yeux ; et, dirigeant son arc contre une jeune fille qui était venue se placer entre les créneaux du château, il lui parla de la sorte : |
-Yo soy el dios poderoso en el aire y en la tierra y en el ancho mar undoso, y en cuanto el abismo encierra en su báratro espantoso. Nunca conocí qué es miedo; todo cuanto quiero puedo, aunque quiera lo imposible, y en todo lo que es posible mando, quito, pongo y vedo. | « Je suis le dieu tout-puissant dans l’air, sur la terre, dans la mer profonde, et sur tout ce que l’abîme renferme en son gouffre épouvantable. « Je n’ai jamais connu ce que c’est que la peur ; tout ce que je veux, je le puis, quand même je voudrais l’impossible ; et, en tout ce qui est possible, je mets, j’ôte, j’ordonne et je défends. » |
| Acabó la copla, disparó una flecha por lo alto del castillo y retiróse a su puesto. Salió luego el Interés, y hizo otras dos mudanzas; callaron los tamborinos, y él dijo | La strophe achevée, il lança une flèche sur le haut du château, et regagna sa place. Alors l’Intérêt s’avança ; il dansa également deux pas, et, les tambourins se taisant, il dit à son tour : |
-Soy quien puede más que Amor, y es Amor el que me guía; soy de la estirpe mejor que el cielo en la tierra cría, más conocida y mayor. Soy el Interés, en quien pocos suelen obrar bien, y obrar sin mí es gran milagro; y cual soy te me consagro, por siempre jamás, amén. | « Je suis celui qui peut plus que l’Amour, et c’est l’Amour qui me guide ; je suis de la meilleure race que le ciel entretienne sur la terre, de la plus connue et de la plus illustre. « Je suis l’Intérêt, par qui peu de gens agissent bien ; et agir sans moi serait grand miracle ; mais, tel que je suis, je me consacre à toi, à tout jamais. Amen. » |
| Retiróse el Interés, y hízose adelante la Poesía; la cual, después de haber hecho sus mudanzas como los demás, puestos los ojos en la doncella del castillo, dijo | L’Intérêt s’étant retiré, la Poésie s’avança, et, après avoir dansé ses pas comme les autres, portant les yeux sur la demoiselle du château, elle dit : |
-En dulcísimos conceptos, la dulcísima Poesía, altos, graves y discretos, señora, el alma te envía envuelta entre mil sonetos. Si acaso no te importuna mi porfía, tu fortuna, de otras muchas invidiada, será por mí levantada sobre el cerco de la luna. | « En très-doux accents, en pensées choisies, graves et spirituelles, la très-douce Poésie t’envoie, ma dame, son âme enveloppée de mille sonnets. « Si ma poursuite ne t’importune pas, ton sort, envié de bien d’autres femmes, sera porté par moi au-dessus du croissant de la lune. » |
| Desvióse la Poesía, y de la parte del interés salió la Liberalidad, y, después de hechas sus mudanzas, dijo | La Poésie s’éloigna, et la Libéralité, s’étant détachée du groupe de l’Intérêt, dit après avoir fait ses pas : |
-Llaman Liberalidad al dar que el estremo huye de la prodigalidad, y del contrario, que arguye tibia y floja voluntad. Mas yo, por te engrandecer, de hoy más, pródiga he de ser; que, aunque es vicio, es vicio honrado y de pecho enamorado, que en el dar se echa de ver. | « On appelle Libéralité la façon de donner aussi éloignée de la prodigalité que de l’extrême contraire, lequel annonce un faible et mol attachement. « Mais moi, pour te grandir, je veux être désormais plutôt prodigue ; c’est un vice sans doute, mais un vice noble et d’un cœur amoureux qui se montre par ses présents. » |
| Deste modo salieron y se retiraron todas las dos figuras de las dos escuadras, y cada uno hizo sus mudanzas y dijo sus versos, algunos elegantes y algunos ridículos, y sólo tomó de memoria don Quijote -que la tenía grande- los ya referidos; y luego se mezclaron todos, haciendo y deshaciendo lazos con gentil donaire y desenvoltura; y cuando pasaba el Amor por delante del castillo, disparaba por alto sus flechas, pero el Interés quebraba en él alcancías doradas. | De la même façon s’avancèrent et se retirèrent tous les personnages des deux troupes ; chacun fit ses pas et récita ses vers, quelques-uns élégants, d’autres ridicules ; mais don Quichotte ne retint par cœur (et pourtant sa mémoire était grande) que ceux qui viennent d’être cités. Ensuite, les deux troupes se mêlèrent, faisant et défaisant des chaînes, avec beaucoup de grâce et d’aisance. Quand l’Amour passait devant le château, il lançait ses flèches par-dessus, tandis que l’Intérêt brisait contre ses murs des boules dorées[134]. |
| Finalmente, después de haber bailado un buen espacio, el Interés sacó un bolsón, que le formaba el pellejo de un gran gato romano, que parecía estar lleno de dineros, y, arrojándole al castillo, con el golpe se desencajaron las tablas y se cayeron, dejando a la doncella descubierta y sin defensa alguna. Llegó el Interés con las figuras de su valía, y, echándola una gran cadena de oro al cuello, mostraron prenderla, rendirla y cautivarla; lo cual visto por el Amor y sus valedores, hicieron ademán de quitársela; y todas las demostraciones que hacían eran al son de los tamborinos, bailando y danzando concertadamente. Pusiéronlos en paz los salvajes, los cuales con mucha presteza volvieron a armar y a encajar las tablas del castillo, y la doncella se encerró en él como de nuevo, y con esto se acabó la danza con gran contento de los que la miraban. | Finalement, quand ils eurent longtemps dansé, l’Intérêt tira de sa poche une grande bourse, faite avec la peau d’un gros chat angora, et qui semblait pleine d’écus ; puis il la lança contre le château, et, sur le coup, les planches, s’entrouvrirent et tombèrent à terre, laissant la jeune fille à découvert et sans défense. L’Intérêt s’approcha d’elle avec les personnages de sa suite, et, lui ayant jeté une grosse chaîne d’or au cou, ils parurent la saisir et l’emmener prisonnière. À cette vue, l’Amour et ses partisans firent mine de vouloir la leur enlever, et toutes les démonstrations d’attaque et de défense se faisaient en mesure, au son des tambourins. Les sauvages vinrent séparer les deux troupes, et, quand ils eurent rajusté avec promptitude les planches du château de bois, la demoiselle s’y renferma de nouveau, et ce fut ainsi que finit la danse, au grand contentement des spectateurs. |
| Preguntó don Quijote a una de las ninfas que quién la había compuesto y ordenado. Respondióle que un beneficiado de aquel pueblo, que tenía gentil caletre para semejantes invenciones. | Don Quichotte demanda à l’une des nymphes qui l’avait composée et mise en scène. Elle répondit que c’était un bénéficier du village, lequel avait une fort gentille habileté pour ces sortes d’inventions. |
| -Yo apostaré -dijo don Quijote- que debe de ser más amigo de Camacho que de Basilio el tal bachiller o beneficiado, y que debe de tener más de satírico que de vísperas ¡bien ha encajado en la danza las habilidades de Basilio y las riquezas de Camacho. | « Je gagerais, reprit don Quichotte, que ce bachelier ou bénéficier doit être plus ami de Camache que de Basile, et qu’il s’entend mieux à mordre le prochain qu’à chanter les vêpres. Il a, du reste, fort bien encadré dans la danse les petits talents de Basile et les grandes richesses de Camache. » |
| Sancho Panza, que lo escuchaba todo, dijo. | Sancho Panza, qui l’écoutait parler, dit aussitôt : |
| -El rey es mi gallo a Camacho me atengo. | « Au roi le coq, c’est à Camache que je m’en tiens. |
| -En fin -dijo don Quijote-, bien se parece, Sancho, que eres villano y de aquéllos que dicen "¡Viva quien vence!. | – On voit bien, Sancho, reprit don Quichotte, que tu es un manant, et de ceux qui disent : Vive qui a vaincu ! |
| -No sé de los que soy -respondió Sancho-, pero bien sé que nunca de ollas de Basilio sacaré yo tan elegante espuma como es esta que he sacado de las de Camacho. | – Je ne sais trop desquels je suis, répondit Sancho ; je sais bien que jamais je ne tirerai des marmites de Basile une aussi élégante écume que celle-ci, tirée des marmites de Camache. » |
| Y enseñóle el caldero lleno de gansos y de gallinas, y, asiendo de una, comenzó a comer con mucho donaire y gana, y dijo. | Et en même temps il fit voir à son maître la casserole pleine de poules et d’oisons. Puis il prit une des volailles, et se mit à manger avec autant de grâce que d’appétit. |
| -¡A la barba de las habilidades de Basilio!, que tanto vales cuanto tienes, y tanto tienes cuanto vales. Dos linajes solos hay en el mundo, como decía una agüela mía, que son el tener y el no tener, aunque ella al del tener se atenía; y el día de hoy, mi señor don Quijote, antes se toma el pulso al haber que al saber un asno cubierto de oro parece mejor que un caballo enalbardado. Así que vuelvo a decir que a Camacho me atengo, de cuyas ollas son abundantes espumas gansos y gallinas, liebres y conejos; y de las de Basilio serán, si viene a mano, y aunque no venga sino al pie, aguachirle. | « Pardieu, dit-il en avalant, à la barbe des talents de Basile ! car autant tu as, autant tu vaux, et autant tu vaux, autant tu as. Il n’y a que deux sortes de rangs et de familles dans le monde, comme disait une de mes grand-mères, c’est l’avoir et le n’avoir pas[135], et c’est à l’avoir qu’elle se rangeait. Au jour d’aujourd’hui, mon seigneur don Quichotte, on tâte plutôt le pouls à l’avoir qu’au savoir, et un âne couvert d’or a meilleure mine qu’un cheval bâté. Aussi, je le répète, c’est à Camache que je m’en tiens, à Camache, dont les marmites donnent pour écume des oies, des poules, des lièvres et des lapins. Quant à celles de Basile, si l’on tirait le bouillon, ce ne serait que de la piquette. |
| -¿Has acabado tu arenga, Sancho? -dijo don Quijote. | – As-tu fini ta harangue, Sancho ? demanda don Quichotte. |
| -Habréla acabado -respondió Sancho-, porque veo que vuestra merced recibe pesadumbre con ella; que si esto no se pusiera de por medio, obra había cortada para tres días. | – Il faut bien que je la finisse, répondit Sancho, car je vois que Votre Grâce se fâche de l’entendre ; mais si cette raison ne se mettait à la traverse, j’avais taillé de l’ouvrage pour trois jours. |
| -Plega a Dios, Sancho -replicó don Quijote-, que yo te vea mudo antes que me muera. | – Plaise à Dieu, Sancho, reprit don Quichotte, que je te voie muet avant de mourir ! |
| -Al paso que llevamos -respondió Sancho-, antes que vuestra merced se muera estaré yo mascando barro, y entonces podrá ser que esté tan mudo que no hable palabra hasta la fin del mundo, o, por lo menos, hasta el día del Juicio. | – Au train dont nous allons, répliqua Sancho, avant que vous soyez mort, je serai à broyer de la terre entre les dents, et peut-être alors serai-je si muet que je ne soufflerai mot jusqu’à la fin du monde, ou du moins jusqu’au jugement dernier. |
| -Aunque eso así suceda, ¡oh Sancho! -respondió don Quijote-, nunca llegará tu silencio a do ha llegado lo que has hablado, hablas y tienes de hablar en tu vida; y más, que está muy puesto en razón natural que primero llegue el día de mi muerte que el de la tuya; y así, jamás pienso verte mudo, ni aun cuando estés bebiendo o durmiendo, que es lo que puedo encarecer. | – Quand même il en arriverait ainsi, ô Sancho, repartit don Quichotte, jamais ton silence ne vaudra ton bavardage, et jamais tu ne te tairas autant que tu as parlé, que tu parles et que tu parleras dans le cours de ta vie. D’ailleurs, l’ordre de la nature veut que le jour de ma mort arrive avant celui de la tienne ; ainsi je n’espère pas te voir muet, fût-ce même en buvant ou en dormant, ce qui est tout ce que je peux dire de plus fort. |
| -A buena fe, señor -respondió Sancho-, que no hay que fiar en la descarnada, digo, en la muerte, la cual también come cordero como carnero; y a nuestro cura he oído decir que con igual pie pisaba las altas torres de los reyes como las humildes chozas de los pobres. Tiene esta señora más de poder que de melindre no es nada asquerosa, de todo come y a todo hace, y de toda suerte de gentes, edades y preeminencias hinche sus alforjas. No es segador que duerme las siestas, que a todas horas siega, y corta así la seca como la verde yerba; y no parece que masca, sino que engulle y traga cuanto se le pone delante, porque tiene hambre canina, que nunca se harta; y, aunque no tiene barriga, da a entender que está hidrópica y sedienta de beber solas las vidas de cuantos viven, como quien se bebe un jarro de agua fría. | – Par ma foi seigneur, répliqua Sancho, il ne faut pas se fier à la décharnée, je veux dire à la mort, qui mange aussi bien l’agneau que le mouton ; et j’ai entendu dire à notre curé qu’elle frappait d’un pied égal les hautes tours des rois et les humbles cabanes des pauvres[136]. Cette dame-là, voyez-vous, a plus de puissance que de délicatesse. Elle ne fait pas la dégoûtée ; elle mange de tout, s’arrange de tout, et remplit sa besace de toutes sortes de gens, d’âges et de conditions. C’est un moissonneur qui ne fait pas la sieste, qui coupe et moissonne à toute heure, l’herbe sèche et la verte ; l’on ne dirait pas qu’elle mâche les morceaux, mais qu’elle avale et engloutit tout ce qui se trouve devant elle, car elle a une faim canine, qui ne se rassasie jamais ; et, bien qu’elle n’ait pas de ventre, on dirait qu’elle est hydropique, et qu’elle a soif de boire toutes les vies des vivants, comme on boit un pot d’eau fraîche. |
| -No más, Sancho -dijo a este punto don Quijote-. Tente en buenas, y no te dejes caer; que en verdad que lo que has dicho de la muerte por tus rústicos términos es lo que pudiera decir un buen predicador. Dígote, Sancho que si como tienes buen natural y discreción, pudieras tomar un púlpito en la mano y irte por ese mundo predicando lindezas. . | – Assez, assez, Sancho, s’écria don Quichotte ; reste là-haut, et ne te laisse pas tomber ; car, en vérité, ce que tu viens de dire de la mort, dans tes expressions rustiques, est ce que pourrait dire de mieux un bon prédicateur. Je te le répète, Sancho, si, comme tu as un bon naturel, tu avais du sens et du savoir, tu pourrais prendre une chaire dans ta main, et t’en aller par le monde prêcher de jolis sermons. |
| -Bien predica quien bien vive -respondió Sancho-, y yo no sé otras tologías. | – Prêche bien qui vit bien, répondit Sancho ; quant à moi, je ne sais pas d’autres tologies. |
| -Ni las has menester -dijo don Quijote-; pero yo no acabo de entender ni alcanzar cómo, siendo el principio de la sabiduría el temor de Dios, tú, que temes más a un lagarto que a Él, sabes tanto. | – Et tu n’en a pas besoin non plus, ajouta don Quichotte. Mais ce que je ne puis comprendre, c’est que, la crainte de Dieu étant le principe de toute sagesse, toi qui crains plus un lézard que Dieu, tu en saches si long. |
| -Juzgue vuesa merced, señor, de sus caballerías -respondió Sancho-, y no se meta en juzgar de los temores o valentías ajenas, que tan gentil temeroso soy yo de Dios como cada hijo de vecino; y déjeme vuestra merced despabilar esta espuma, que lo demás todas son palabras ociosas, de que nos han de pedir cuenta en la otra vida. | – Jugez, seigneur, de vos chevaleries, répondit Sancho, et ne vous mêlez pas de juger des vaillances ou des poltronneries d’autrui, car je suis aussi bon pour craindre Dieu que tout enfant de la commune ; et laissez-moi, je vous prie, expédier cette écume ; tout le reste serait paroles oiseuses dont on nous demanderait compte dans l’autre vie. » |
| Y, diciendo esto, comenzó de nuevo a dar asalto a su caldero, con tan buenos alientos que despertó los de don Quijote, y sin duda le ayudara, si no lo impidiera lo que es fuerza se diga adelante. | En parlant ainsi, il revint à l’assaut contre sa casserole, et de si bon appétit, qu’il éveilla celui de don Quichotte, lequel l’aurait aidé sans aucun doute, s’il n’en eût été empêché par ce qu’il faut remettre au chapitre suivant. |