Don Quijote de la Mancha
         de Miguel de Cervantes Saavedra
Edición bilingüe, español-francés, en textos paralelos
Édition bilingue espagnol-français dans des textes parallèles
Traducción de Louis Viardot
Integrado en el sistema MGARCI
P. I- Pró. 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52
P. II- Pró. 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42 43 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73
Traducción bilingüe al: Alemán Francés Inglés Italiano
II. Capítulo XXXVII. Donde se prosigue la famosa aventura de la dueña Dolorida. Chapitre XXXVII Où se continue la fameuse aventure de la duègne Doloride
En estremo se holgaron el duque y la duquesa de ver cuán bien iba respondiendo a su intención don Quijote, y a esta sazón dijo Sancho. Le duc et la duchesse furent enchantés de voir que don Quichotte répondît si bien à leur intention. En ce moment Sancho se mit de la partie.
-No querría yo que esta señora dueña pusiese algún tropiezo a la promesa de mi gobierno, porque yo he oído decir a un boticario toledano que hablaba como un silguero que donde interviniesen dueñas no podía suceder cosa buena. ¡Válame Dios, y qué mal estaba con ellas el tal boticario! De lo que yo saco que, pues todas las dueñas son enfadosas e impertinentes, de cualquiera calidad y condición que sean, ¿qué serán las que son doloridas, como han dicho que es esta condesa Tres Faldas, o Tres Colas?; que en mi tierra faldas y colas, colas y faldas, todo es uno. « Je ne voudrais pas, dit-il, que cette madame la duègne vînt jeter quelque bâton dans les roues de mon gouvernement ; car j’ai ouï dire à un apothicaire de Tolède, qui parlait comme un chardonneret, que partout où intervenaient des duègnes, il ne pouvait rien arriver de bon. Sainte Vierge ! combien il leur en voulait, cet apothicaire ! De là je conclus que si toutes les duègnes sont ennuyeuses et impertinentes, de quelque humeur et condition qu’elles soient, que sera-ce des dolentes, ou douloureuses, ou endolories[212], comme on dit qu’est cette comtesse trois basques ou trois queues[213] ; car, dans mon pays, basque ou queue, queue ou basque, c’est absolument la même chose.
-Calla, Sancho amigo -dijo don Quijote-, que, pues esta señora dueña de tan lueñes tierras viene a buscarme, no debe ser de aquellas que el boticario tenía en su número, cuanto más que ésta es condesa, y cuando las condesas sirven de dueñas, será sirviendo a reinas y a emperatrices, que en sus casas son señorísimas que se sirven de otras dueñas. – Tais-toi, ami Sancho, dit don Quichotte ; puisque cette dame duègne vient me chercher de si lointains climats, elle ne doit pas être de celles que l’apothicaire portait sur son calepin. D’ailleurs, celle-là est comtesse, et, quand les comtesses servent en qualité de duègnes, c’est au service de reines ou d’impératrices ; elles sont dames et maîtresses dans leurs maisons, et s’y servent d’autres duègnes à leur tour. »
A esto respondió doña Rodríguez, que se halló presente. À cela, doña Rodriguez, qui se trouvait présente, ajouta bien vite :
-Dueñas tiene mi señora la duquesa en su servicio, que pudieran ser condesas si la fortuna quisiera, pero allá van leyes do quieren reyes; y nadie diga mal de las dueñas, y más de las antiguas y doncellas; que, aunque yo no lo soy, bien se me alcanza y se me trasluce la ventaja que hace una dueña doncella a una dueña viuda; y quien a nosotras trasquiló, las tijeras le quedaron en la mano. « Des duègnes sont ici au service de madame la duchesse, qui pourraient être comtesses si la fortune l’eût voulu. Mais ainsi vont les lois comme le veulent les rois. Cependant qu’on ne dise pas de mal des duègnes, surtout des vieilles et des filles, car, bien que je ne le sois pas, j’entrevois et comprends fort bien l’avantage d’une duègne fille sur une duègne veuve ; et, comme on dit, celui qui nous a tondues a gardé les ciseaux dans la main.
-Con todo eso -replicó Sancho-, hay tanto que trasquilar en las dueñas, según mi barbero, cuanto será mejor no menear el arroz, aunque se pegue. – Avec tout cela, répliqua Sancho, il y a tellement à tondre chez les duègnes, toujours d’après mon apothicaire, qu’il vaut mieux ne pas remuer le riz, dût-il prendre au fond du pot.
-Siempre los escuderos -respondió doña Rodríguez- son enemigos nuestros; que, como son duendes de las antesalas y nos veen a cada paso, los ratos que no rezan, que son muchos, los gastan en murmurar de nosotras, desenterrándonos los huesos y enterrándonos la fama. Pues mándoles yo a los leños movibles, que, mal que les pese, hemos de vivir en el mundo, y en las casas principales, aunque muramos de hambre y cubramos con un negro monjil nuestras delicadas o no delicadas carnes, como quien cubre o tapa un muladar con un tapiz en día de procesión. A fe que si me fuera dado, y el tiempo lo pidiera, que yo diera a entender, no sólo a los presentes, sino a todo el mundo, cómo no hay virtud que no se encierre en una dueña. – Les écuyers sont toujours nos ennemis, reprit doña Rodriguez ; comme ce sont des piliers d’antichambre, et qu’ils nous voient à tout propos ; les moments où ils ne prient pas Dieu, qui sont en grand nombre, ils les emploient à médire de nous, à nous déterrer les os, et à nous enterrer la bonne renommée. Eh bien, moi, je leur dis, à ces bûches ambulantes, qu’en dépit d’eux, nous continuerons à vivre dans le monde et dans les maisons des gens de qualité, bien qu’on nous y laisse mourir de faim, et qu’on y couvre avec une maigre jupe noire nos chairs délicates ou non délicates, comme on couvre un fumier avec une tapisserie le jour de la procession. Par ma foi, si cela m’était permis et que j’en eusse le temps, je ferais bien entendre, non-seulement à ceux qui m’écoutent, mais au monde entier, qu’il n’y a point de vertu qui ne se trouve en une duègne.
-Yo creo -dijo la duquesa- que mi buena doña Rodríguez tiene razón, y muy grande; pero conviene que aguarde tiempo para volver por sí y por las demás dueñas, para confundir la mala opinión de aquel mal boticario, y desarraigar la que tiene en su pecho el gran Sancho Panza. – Je crois, dit alors la duchesse, que ma bonne doña Rodriguez a grandement raison ; mais il convient qu’elle attende un moment plus opportun pour prendre sa défense et celle des autres duègnes, pour confondre la méchante opinion de ce méchant apothicaire, et pour déraciner celle que nourrit en son cœur le grand Sancho Panza.
A lo que Sancho respondió. – Ma foi, reprit Sancho,
-Después que tengo humos de gobernador se me han quitado los váguidos de escudero, y no se me da por cuantas dueñas hay un cabrahígo. depuis que les fumées de gouverneur me sont montées à la tête, elles m’ont ôté les vertiges d’écuyer, et je me moque de toutes les duègnes du monde comme d’une figue sauvage. »
Adelante pasaran con el coloquio dueñesco, si no oyeran que el pífaro y los tambores volvían a sonar, por donde entendieron que la dueña Dolorida entraba. Preguntó la duquesa al duque si sería bien ir a recebirla, pues era condesa y persona principal. L’entretien sur le compte des duègnes aurait encore continué, si l’on n’eût entendu de nouveau sonner le fifre et battre les tambours, d’où l’on comprit que la duègne Doloride faisait son entrée. La duchesse demanda au duc s’il ne serait pas convenable d’aller à sa rencontre, puisqu’elle était comtesse et femme de qualité.
-Por lo que tiene de condesa -respondió Sancho, antes que el duque respondiese-, bien estoy en que vuestras grandezas salgan a recebirla; pero por lo de dueña, soy de parecer que no se muevan un paso. « Pour ce qu’elle a de comtesse, répondit Sancho, avant que le duc ouvrît la bouche, je consens à ce que Vos Grandeurs aillent la recevoir ; mais, pour ce qu’elle a de duègne, je suis d’avis que vous ne bougiez pas d’un seul pas.
-¿Quién te mete a ti en esto, Sancho? -dijo don Quijote. – Qui te prie de te mêler de cela, Sancho ? dit don Quichotte.
-¿Quién, señor? -respondió Sancho-. Yo me meto, que puedo meterme, como escudero que ha aprendido los términos de la cortesía en la escuela de vuesa merced, que es el más cortés y bien criado caballero que hay en toda la cortesanía; y en estas cosas, según he oído decir a vuesa merced, tanto se pierde por carta de más como por carta de menos; y al buen entendedor, pocas palabras. – Qui, seigneur ? répondit Sancho ; moi, je m’en mêle, et je puis bien m’en mêler, comme écuyer ayant appris les devoirs de la courtoisie à l’école de Votre Grâce, qui est le plus courtois chevalier et le mieux élevé qu’il y ait dans toute la courtoiserie. En ces choses-là, à ce que j’ai ouï dire à Votre Grâce, on perd autant par le trop que par le trop peu et au bon entendeur demi-mot.
-Así es, como Sancho dice -dijo el duque-: veremos el talle de la condesa, y por él tantearemos la cortesía que se le debe. – C’est précisément comme le dit Sancho, reprit le duc ; nous allons voir la mine de cette comtesse, et, sur elle, nous mesurerons la courtoisie qui lui est due. »
En esto, entraron los tambores y el pífaro, como la vez primera. En ce moment entrèrent le fifre et les tambours, comme la première fois ;
Y aquí, con este breve capítulo, dio fin el autor, y comenzó el otro, siguiendo la mesma aventura, que es una de las más notables de la historia. et l’auteur termine ici ce court chapitre, pour commencer l’autre, où il continue la même aventure, qui est une des plus notables de toute l’histoire.